Just trying to find my way through ...

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Morges, State of Vaud - Lemanic Arc, Switzerland
Mon arrière Tante Léonie demandait :
"Es-tu curieux ? Alors tu vivras longtemps !"

Still a lot to do in one life & time is running out

Life
Born in Singapore. Ten unforgettful years: sounds, flavors, tastes, colors, kindness, Chinese, Malayans, Indians, Europeans
No Brasil morei um tempo. Fazenda, cacau, cheiros tropicais, sabores
Un año en Venezuela. Encuentro de las Aguas del Río Caroní con el Orinoco
Living now in Switzerland, close to the Léman. Why call it Lake of Geneva ?

I love
J my wife, D my son, T and Z my litle daughters, family, ski mountainering, biking, travels (too little this past decade)

I hate
Anger, violence, perhaps myself too ..?

Curious about
Different Ways of Living, Humanity, Struggle for Life, Sense of Life, Finding my Own Way Out

I strongly believe
Mankind is able to produce the Best and the Worst !

I like
Communication, however do not communicate that well with me nor with others ...

So and what now ?
No idea where this blog will bring me to ...

And you ?
Tell me something about you, would you?

Wednesday, May 19, 2010

Les nations et les multinationales ont elle une tête ou l’ont-elles perdue ?

Comme support à cette question je prendrais pour exercice le passionnant documentaire passionnant mis sur les ondes par TSR2 Histoire Vivante intitulé Business en Absurdistan.


Le Turkménistan, un pays à tradition d’ouverture millénaire, un des grands points de passage de l'Humanité, est vérolé dès sa création en 1992 ex-URSS par la succession de deux Présidents à vocation totalitaires.

Bouygues, Siemens, Deere, Caterpillar, Calik holding et bien d’autres brebis galeuses ont elle perdu leur âme au profit d’avides opportunités commerciales ? Le renoncement dissimulé aux Chartes Ethiques d’Entreprise pourtant établies par elles-mêmes, les conduisent à pactiser avec le Diable.

Le Ruhnama c’est le Livre Sacré :
- Le Livre de l'âme
- Le Guide vers la sagesse et de la bonté
- Le Guide pour la réforme spirituelle dans le monde au nom de la concorde et de l’humanisme

Il est le Livre Sacré de la dictature mise en place. Nombreuses sont les plus grandes multinationales qui ont cédé à l’appel de la sirène. Elles n’ont pas craint d’investir dans la traduction de ce condensé de raccourcis simplistes et mythologies populistes dont le but final est d’aiguiser la fibre nationaliste pour mieux asseoir la dictature en place.

La complicité des multi
La complicité cupide des multi est sollicitée pour traduire ce livre et publier ce livre à leurs frais. Une action subtile et grossière à la fois puisqu’elle donne caution au régime en place. Il s’agit en effet de renforcer l’illusion du peuple, totalement désinformé, d’appartenir à une réussite collective. Une Nation, un Peuple reconnu, envié et admiré de l’extérieur.

Cette grande supercherie permet aux multis de recevoir leur ticket d’entrée au souk et piller avec le pouvoir, un marché qui vaut des millions. Palais, édifices religieux, établissements publics et privés tous ont une architecture plus avant-gardiste les uns que les autres et réserves de gaz à profusion. Le peuple croupit dans la misère avec cette belle illusion d’un futur meilleur.

Quel prix est-on prêt à payer pour stimuler une relation entre deux pays ?
Même Mitterrand ne s’y était pas trompé. Il y avait personnellement introduit Bouygues. Il y a beaucoup d’argent à faire et la France, comme tant d’autres nations, n’hésitent pas à sauter dans ce marché juteux. Les hommes de Bouygues et les Français sont les bienvenus au Turkménistan ! Pour une fois il ne s’agit pas des méchants Américains

Il suffit de perdre sa morale à la faveur d’un autre Dieu. Ils ont vendu leur âme et soutiennent les délires népotiques du pouvoir en place : corruption, violences, exactions contre toute forme d’opposition ou de questionnement.

«Turkmenbachy» le «guide de tous les Turkmènes»
Le Ruhnama a été écrit et édité par son premier Président Saparmourad Niazov, ce champion du culte de la personnalité. Le Président se faisait appeler tout simplement «Turkmenbachy», le «guide de tous les Turkmènes». Ce dernier cumulait les postes de chef de l'Etat, de Premier ministre, de commandant suprême de l'armée et de chef du seul parti autorisé.

La connaissance du Ruhnama, est obligatoire pour l'accès à l'université et cohabite avec le Coran dans les mosquées. De nombreuses figures, harcelées ou détenues, ont été poussées à l'exil. Amnesty déplore que le Turkménistan «reste un pays fermé aux observateurs des droits de l'homme».

Une des frasques du mégalomane du Président à vie a été de construire, à l’extérieur de la capitale Achgabat, un palais de glace avec cafés et restaurants pouvant accueillir mille personnes. La température atteint couramment les 50° dans ce pays, aussi riche en hydrocarbure que ses habitants sont démunis. C’est «pour que nos enfants puissent apprendre à skier et à patiner» avait-t-il expliqué.

Ce dernier avait également rebaptisé en son honneur les jours de la semaine et les mois de l’année. Le premier mois de l’année a été baptisé en toute simplicité "Turkmenbachy". Pour le mois de septembre « Ruhnama », titre de l’ouvrage de morale. Avril « Gourbansoltan » du nom de sa mère, élevée en au rang d’héroïne nationale pour services rendus à la République.
Son décès a eu lieu une nuit obscure de décembre 2006.

Un successeur, clone réincarné en plus jeune
Son successeur officiel, nommé par la constitution a été écarté ipso facto en faveur d’un autre prétendant. Il s’agit de son clone réincarné, mais en plus jeune, le redoutable Gurbanguly Malikkulievich Berdimukhamedov.

Seule la personne est différente, le culte de la personnalité reste inchangé. Au mois de février dernier le Président du Turkménistan fait l’honneur de répondre à une invitation de Nicolas Sarkozy et gratifie la France d’une visite d’Etat à Paris.

Ce n’est pas la patrie de la Déclaration des droits de l’Homme et du Citoyen qu’il vient visiter, mais bien celle des grands groupes qui ont su s’implanter dans cette république au fonctionnement ubuesque abondante en réserves de gaz. Au royaume de M. Berdimukhamedov faire des affaires relève de la gageure. Il faut autant manier l’art de la révérence et de la botte bien cirée.

Quand une un contrat est signé avec le Turkménistan, on doit traduire dans sa langue, le livre sacré «Ruhnama ». Bouygues fleuron d'entreprise française n'a pas hésité à soutenir la dictature de ce pays. Par ailleurs, il semble que Martin Bouygues soit le parrain du fils Sarkozy. Business de haut niveau avec la dictature, amitié intime avec le Président ....

Dans tous les cas notre Suisse n’a pas à être intimidée par la France ou prendre des leçons d'éthique de cette dernière sur ce thème, ni par ailleurs sur d'autres thèmes d'actualité ... ;-)

Questions que je me ferais un plaisir d’étudier, notamment le secret bancaire suisse vs le système de taxation français, allemands ou autres, une véritable incitation à l'exil. N'oublions pas les sociétés offshore françaises. Il y a aussi USA, GB et autres pourfendeurs de morale, dont le seul but est de voler leur part du marché et oublient leurs subtiles trusts anglo-saxons dont l'unique fonction n'est d'autre que d'éluder le fisc de manière tout à fait légale. Il y a du grain à moudre pour plus d'une vie !

Les entreprises multinationales renouent avec le Diable
L’étude intensive du Ruhnama est aujourd’hui obligatoire dans toutes les écoles du pays.
Le Ruhnama est traduit dans plus de 40 langues, notamment : Français, Japon, Anglais, Chinois, Malais, Pakistanais, Zulu. La cupidité n’a pas de frontières.

Les entreprises multinationales, en nouant avec le Diable, renforcent le pouvoir totalitaire. Il est vrai qu’ils n’ont aucun intérêt à l’affaiblir. Un pouvoir redoutable qui entretient le culte de la personnalité et du président à vie, favorise l’écartement de toute opposition, bafoue sans état d'âme les Droits de l’Homme. Le retour de la diaspora des fugitifs n’est pas à l’ordre du jour.

Sociétés et nations complices d’autisme
Lorsqu’on les interroge sur leur participation active à la traduction du Ruhnama les multis sont autistes. On ne communique d’aucune manière pas sur ce sujet. Le mutisme est également de rigueur en ce qui concerne leur soutien éventuelle à une dictature brutale et corrompue.

 Voici une liste de quelques sociétés actives dans cette boite à pandorre, il y en a bien d’autres
(il est intéressant de reconnaitre leurs devises) :

Calik Holdings : « Nous savons que l’on joue au niveau global »
Bouygues : « Construire des solutions pour un monde exigeant »
                           [n.b 1 - Quand e Turkménistan change de Dictateur, Bouygues reste
                           il continue de construire des immeubles qui ne serviront jamais
                           à la population

                           [n.b 2 -  info: TF1 + Bouygues Télécom + Boygues Construction etc = GropesBouygues]
Siemens : « Be inspired – Laissez vous inspirer »
Mc Donald :
Coca-Cola :
Gaap Insaat : “Our aim is limitless”
Mercedes-Benz : “Unlike others – Pas comme les autres »
John Deere : “Nothing is like a Deere – Rien n’est comme un Deere»
Caterpillar : « Today's work Tomorrow's world - Le Travail d’aujourd’hui le Monde de demain»

La reconnaissance mondiale
Le président et son régime contrôle totalement les médias locaux. Il communique intensément le succès de son livre auprès des nations de ce monde. Cette pseudo reconnaissance internationale est nécessaire à la dictature pour ancrer et légitimer son pouvoir au sein du pays. Elle permet en même temps de museler, écarter avec violence et cynisme toute critique ou opposition.

 Il se passe des choses très graves dans ce pays. Les gens disparaissent tous les jours. La population n’a pas accès à internet qui serait simplement interdit. Ils subissent la violence de la dictature. Même les islamistes y sont muselés. Il faut dire que le Ruhnama joue dans la cour des grands et veut s’élever au même niveau que le Coran.

Jusqu’où est-on prêt à aller pour obtenir de juteux contrats ?
Le questionnement sémantique de l’éthique est essentiel. Il s’agit de poser à froid la question des limites que l’on ne veut pas dépasser. En effet, comme un coureur, lorsque nous avons la tête dans le guidon, l’on est pris dans la dynamique. A ce stade, il est souvent trop tard pour s’arrêter et prendre du recul.

La bonne nouvelle :
Seule une société finlandaise a fait son mea culpa. Elle mérite d’être nommée, il s’agit du groupe Ensto. Elle a souhaité communiquer sur cet épisode d’où elle sort grandie :
- En participant à la négociation des offres publiques ils se sont aperçus rétroactivement qu’ils s’étaient
   trompés
- Les Valeurs Ethiques de la société étaient bafouées.
- Ces valeurs ont fini par l’emporter sur l’opportunité commerciale qui se profilait.
- L’offre de traduire le livre déclinée, ils ont immédiatement perdu le marché.
- En renonçant à contribuer au soutien d’un système dont les actions étaient en contradiction avec leurs
   propres valeurs ils ont sauvé leurs âmes.
- Les Valeurs de l’entreprise se sont finalement révélées supérieures aux valeurs purement économiques
   auxquels on avait renoncé.

  
Le cas extrême d’Absurdistan est ubuesque. A degrés et niveaux différents, beaucoup de situations semblables existent autour de nous. A mon avis le seul moyen de résister est de rester vigilents et surtout dee se donner du temps pour réfléchir préalablement aux barrières éthiques que l'on veut se donner. Quelle est notre âme? - Charte d’Ethique Individuelle, de Groupements, d’Entreprises, de la Nation.

Je serais très heureux si vous vouliez bien me donner votre opinion :
  1. Certaines nations et multinationales ont-elles perdu la tête ?
  2. L’argent n’a pas d’odeur, on doit faire feu de tout bois
  3. Sans âme l’entreprise va tôt ou tard droit dans le mur
  4. Je crois fermement à la RSE (responsabilité sociale en entreprise), la seule issue viable à long terme pour les toutes les parties prenantes
  5. Je n’ai pas d’opinion
  6. Ce sujet ne m’intéresse pas
  7. Ce sujet m’interpelle

En votant sur ce lien (oops ...encore à créeer! ... qui m'aidera comment le faire? ) vous pourrez répondre à ces questions et comparer ensuite comment votre âme se positionne par rapport aux autres !

 Ce sujet vous a-t-il interpellé ? Intéressant ?

 Je serais réjoui si vous souhaitez alimenter cette discussion par votre ressenti personnel.

Pierre-Yves Bünzli
What is my next challenge ?
Chasseur d’opportunités en recherche

Ni à Gauche, ni à Droite
Ni du Ciel, ni de l’Enfer

Je suis pour une économie libre et responsable
Je crois en l’homme capable du meilleur comme du pire

Je m’intéresse à l’Ethique et au Sillon laissé par l’Humanité sur Terre
Je favorise l’Action et les Solutions pragmatiques type 4x4 à la (dé)mesure de l'Homme

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Pour en savoir plus sur le sujet : Voyage en Absurdistan

TSR2
Histoire Vivante
Business en Absurdistan
Wikipedia Absurdistan
http://www.les-cercles.fr/economie-societe/international/221129771/le-turkmenistan-et-les-droits-de-lhomme
http://observers.france24.com/fr/content/20100305-culte-president-turkmenistan-arche-neutralite-Ruhnama-Ashgabat-Niyazov
http://en.rsf.org/predator-gurbanguly-berdymukhamedov,37273.html
http://www.liberation.fr/monde/010113556-le-best-of-de-niazov
http://freedomforsale.org/index.php?req=article00070&subbar=articles&ref=











Wednesday, April 28, 2010

Saturday, April 10, 2010

Bee disaster - California - Disparition des abeilles

California almond inferno

Germany pesticid disaster – Bayer - Poncho pro - clothinidin
France - Bayer - Gaucho - neo-nicotinoid
BASF - Regent

Bee industry - humanity disaster
Industrie des abeilles - disastre humanitaire

Bee humming noise - noise of money
Le bruit des abeilles - le bruit de l'argent

No bees - no humanity
Disparition des abeilles - disparition de l'humanité

Miel - Honey - Antibiotics

Le mystère de la disparition des abeilles

Why ? Cupidity ?

Croyez-vous en Dieu qui n'existe pas ?

J'ai trouvé cet article incroyable. Et vous ?


Journal Le Temps samedi 3 avril 2010

Le pasteur qui ne croit pas en Dieu - Patricia Briel

Klaas Hendrikse est ministre de l’Eglise protestante des Pays-Bas. Son athéisme affiché attire les foules

Après la mort, il n’y a rien. La résurrection n’est qu’un mythe provenant d’antiques croyances liées au lever et au coucher de l’astre solaire. Jésus est certes une figure historique, il a sans doute été un personnage marquant, mais il n’a rien d’unique. Dieu n’existe pas, tout le démontre. Toutefois, il est possible de croire en un Dieu qui n’existe pas.

Le pasteur protestant qui professe ce credo sulfureux s’appelle Klaas Hendrikse. Agé de 63 ans, il est divorcé et père de deux enfants. Grand, mince, d’allure sportive, les cheveux blancs encadrant un visage bronzé – il revient d’Espagne où sa sœur a une maison –, c’est un homme posé et réfléchi. Ne craignant pas le potentiel explosif de l’oxymoron, il se définit comme un «croyant athée», et vit à Middelbourg, une charmante petite ville de 46 000 habitants, chef-lieu de la province de Zélande aux Pays-Bas. Depuis qu’il a fait son coming out mécréant dans un livre* publié en 2007, il est devenu un phénomène de société. Des journaux ont comparé sa situation à celle d’un boucher qui serait végétarien, ou d’un boulanger sans farine. On vient de tous les Pays-Bas, parfois par cars entiers, pour l’écouter prêcher à Middelbourg, ou à Zierikzee, l’autre paroisse dans laquelle il est actif.

La première édition de son livre s’est envolée en une journée. La treizième sera bientôt disponible. 34 000 exemplaires ont été vendus. Un succès considérable pour un ouvrage de théologie.

Cette réussite a-t-elle fait réfléchir l’Eglise protestante néerlandaise? Après la parution du livre, elle a bien envisagé une action disciplinaire à l’encontre du pasteur. Bas Plaisier, secrétaire général de l’Eglise, a même sévèrement critiqué Klaas Hendrikse, qui traite selon lui la foi chrétienne comme un «dogme que l’on peut jeter avec les ordures ménagères». Mais le pasteur athée avait le soutien de ses paroissiens. Finalement, le 3 février dernier, les autorités ecclésiastiques ont décidé qu’il pouvait rester en service jusqu’à sa retraite en 2012. Klaas Hendrikse est donc libre de continuer à clamer, du haut d’une chaire, que Dieu n’existe pas. Un cas sans doute unique dans l’histoire des Eglises chrétiennes. Et une parabole de la postmodernité séculière, un régime dans lequel l’individu refuse désormais qu’une institution lui impose ses croyances, et préfère avancer sur les chemins de la spiritualité avec des questions ouvertes sur l’infini plutôt qu’avec un paquet encombrant de dogmes.

Klaas Hendrikse est satisfait. Il a atteint son but: susciter le débat. La décision historique de l’Eglise protestante néerlandaise montre, selon lui, que celle-ci commence à prendre acte de ce qui se passe dans la société. D’après une étude réalisée en 2006 par la chaîne de télévision œcuménique Ikon et l’Université libre d’Amsterdam, un pasteur sur six ne croit plus à l’existence de Dieu ou n’est plus certain d’y croire. Et des milliers de personnes quittent l’Eglise chaque année. La raison? «Il est devenu difficile de croire dans le Dieu du théisme, c’est-à-dire en un Dieu omnipotent, omniscient, omniprésent et personnel, dit Klaas Hendrikse. Bien qu’ils ne l’admettent pas forcément, de nombreux individus sont en fait athées.»

Athée, Klaas Hendrikse l’a toujours été. «Je suis né dans une famille non croyante, mais respectueuse des croyances des autres. La région dans laquelle j’ai grandi était très orthodoxe sur le plan religieux. J’étais fasciné et impressionné par ces chrétiens qui priaient, par leurs cérémonies. Pour moi, il était évident que Dieu n’existe pas, et je me demandais pourquoi autant de gens agissaient comme s’il existait.»

A l’heure d’entrer à l’université, ce n’est pas la théologie qui intéresse Klaas Hendrikse, mais le business. Il fait ses études à l’Université de Nijenrode, spécialisée dans ce domaine. Puis il obtient une licence à l’Université du Michigan aux Etats-Unis. Et entame une carrière chez Xerox en 1973. Bientôt, il doute de la voie qu’il a choisie. «J’étais marié, j’aimais mon travail, mais il ne me comblait pas.» Klaas Hendrikse décide alors de commencer des études de théologie en 1977, tout en poursuivant son travail chez Xerox. «Je voulais comprendre pourquoi et comment on pouvait être croyant. Je ne songeais alors absolument pas à devenir pasteur. Mais la théologie m’a beaucoup intéressé et, à la fin de mes études, j’ai choisi de changer de profession.» Klaas Hendrikse quitte Xerox en 1983. En 1984, il est consacré pasteur. «Cette décision a été difficile à prendre, avoue-t-il. Mais j’étais convaincu que je pouvais trouver ma propre voie dans l’Eglise.» Comment celle-ci a-t-elle pu accepter de l’engager comme ministre alors qu’il était athée? «A l’époque, j’étais moins affirmatif qu’aujourd’hui sur cette question. Mais mes idées libérales étaient connues de mes professeurs. On m’a accusé plus tard d’avoir menti aux autorités de l’Eglise. Je n’ai pas menti. J’évitais simplement d’aborder le sujet. Et personne ne m’a demandé de parler de mes convictions religieuses lorsque j’ai été engagé.»

Klaas Hendrikse se rattache à l’aile libérale du protestantisme. Or la théologie libérale n’accorde qu’une valeur relative aux formules doctrinales traditionnelles, et donne une grande place à l’exégèse historique, archéologique et philologique de la Bible, interprétée en toute liberté. Pas étonnant dès lors que l’athéisme du pasteur de Middelbourg ait pu passer inaperçu. Et s’il nie l’existence de Dieu, Klaas Hendrikse se passionne pour les questions philosophiques et la spiritualité.

En devenant pasteur, l’ex-employé de Xerox n’avait pas pour but de convertir ses paroissiens à ses idées, mais de les aider à vivre. Dans ce contexte, les articles de foi traditionnels ne lui sont d’aucune utilité, dit-il. «Je ne crois pas aux réponses qui ne viennent pas de nous-même. Mais chacun peut essayer de trouver les réponses à ses questions existentielles à travers ses propres expériences. Je peux accompagner les gens sur ce chemin.»

Dans ses prêches, le pasteur essaie toujours de mettre en lien les textes des Evangiles avec la vie concrète de ses paroissiens. Demain, dimanche de Pâques, il leur expliquera d’abord d’où vient le mythe de la résurrection. Il dira ensuite que Jésus est mort, qu’il a été enterré, et qu’il n’est jamais sorti de sa tombe. Que les textes concernant la résurrection de Jésus n’ont rien à voir avec la réalité, mais avec l’expérience intime des disciples du Christ. «Les personnes décédées que nous avons aimées sont toujours vivantes, commente le pasteur. C’est ce que veulent dire ces textes.» Il y aura une Cène, qui ne renverra cependant pas au dernier repas que Jésus prit avec ses apôtres. «Cette célébration évoquera le lien qui unit les hommes entre eux.» Il priera cependant le Notre Père. «C’est une incohérence par rapport à mes idées, reconnaît-il volontiers. Mais je ne veux pas me débarrasser de cette prière. On peut remplir les mots qui la composent d’une signification qui va au-delà de leur sens littéral.»

On ne se débarrasse pas si facilement du mot Dieu, même quand on est athée, et à plus forte raison lorsqu’on est pasteur. «Ce mot est important pour moi et il fait partie de ma vie, dit Klaas Hendrikse. Je n’ai aucune raison de l’évacuer. Mais je lui donne une nouvelle signification.»

«Je nie l’existence du Dieu théiste tel que le présente la tradition chrétienne, poursuit-il. En cela je suis athée. Mais je suis aussi un croyant. Après la phrase «Dieu n’existe pas», je ne mets pas un point, mais une virgule. C’est ce qu’il y a après cette virgule qui fait de moi un croyant.»

Le ministre établit une distinction entre la croyance et le fait de croire. «La croyance est une manière de parler, de dire les choses. En revanche, croire est une manière d’être, liée à la façon dont vous réagissez à ce qui vous arrive et à ce qui se passe autour de vous. C’est la capacité de transformer un événement quelconque en une expérience qui fait sens. Dieu n’existe pas, mais il «arrive». Croire, c’est avoir confiance, en vous-même, en d’autres personnes ou dans la vie.» Un tel Dieu est forcément très personnel. Dans l’optique de Klaas Hendrikse, il ne peut y avoir de discours général sur Dieu. «Chacun a son Dieu, et mon Dieu est différent du vôtre.»

L’affirmation selon laquelle Dieu existe est d’ailleurs davantage ancrée dans le paganisme que dans la Bible, remarque le pasteur Hendrikse. «Lorsque Dieu se fait connaître à Moïse dans le livre de l’Exode, il ne lui donne pas son nom. Il lui dit: «Je suis qui je serai.» Il ne s’agit pas d’un nom, mais d’une expérience humaine. Vers le VIe siècle avant Jésus-Christ, sous l’influence des peuples polythéistes, les Hébreux ont transformé cette expérience en un dieu.»

«Je suis qui je serai»: le pasteur Hendrikse a traduit cette expression par «va, et j’irai avec toi». C’est en effet la promesse que Dieu fait à Moïse en le renvoyant vers le peuple hébreu afin de le faire sortir d’Egypte. «Dieu est ce qui accompagne les gens», conclut le pasteur. Mais ils doivent d’abord faire l’effort de bouger, de se mettre en route. Cela signifie: «Va, ne t’arrête pas, vis ta vie, fais face à tes craintes avec confiance.»

* «Geloven in een God die niet bestaat. Manifest van een atheïstische dominee (Croie en un Dieu qui n’existe pas. Manifeste d’un pasteur athée)», Ed. Nieuw Amsterdam.

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Sunday, April 4, 2010

'L'important n'est pas de convaincre, mais de donner à réfléchir.' B.Werber

Société, réflexion : cheztom
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